Le vaccin Pfizer est maintenant disponible au Royaume-Uni. Pour la France, les premières doses arriveront au début de l’année 2021. Le chef du service infectiologie de la Pitié-Salpêtrière, le médecin-infectiologue Eric Caumes est anxieux concernant les effets indésirables.

Les inquiétudes d’un infectiologue sur le vaccin Pfizer

Eric Caumes est le chef du service infectiologie de la Pitié-Salêtrière. Effectivement, il avait fait part de ses doutes sur les vaccins Pfizer et Moderna. Des vaccins qui sont à ARN messager. « Me faire vacciné avec des produits que je ne connais pas, dont je n’ai de renseignement que par les communiqués de presse des laboratoires pharmaceutiques. C’est quand même avoir une confiance aveugle et absolue », avait-il annoncé sur France Inter ce mardi 8 décembre. Dans un entretien avec le Parisien, le médecin confie le fond de sa pensée. Selon lui, ça le gêne qu’il n’y ait eu aucune étude scientifique publiée avec les résultats de la phase 3 de ces vaccins. « Cela devrait être la règle, mais Pfizer et Moderna se sont contentés de raconter leur succès avec un communiqué de presse. De toute ma carrière de médecin, je n’avais jamais vu ça ! » a dévoilé l’infectiologue.

Un vaccin avec de graves effets indésirables

Vraisemblablement, Eric Caumes semble avoir eu un accès au rapport de l’agence américaine du médicament sur le vaccin Pfizer. Des documents qui l’ont aidé à affirmer ses inquiétudes. « En consultant les 53 pages, quelque chose a vraiment attiré mon intention. Je n’ai jamais vu une fréquence aussi élevée d’effets indésirables pour un vaccin » confie-t-il.

Par la suite, l’infectiologue donne un exemple afin d’étaler encore plus son avis sur le sujet. « Prenons l’exemple de la fièvre, elle peut parvenir de manière passagère après une injection, c’est classique. Mais là, 15,8 % des 18-55ans ont eu 38 °C ou plus dans les sept jours qui ont suivi la deuxième injection (…) On parle aussi de 55 % de maux de tête, 62 % d’épuisement. Non, mais là, c’est beaucoup trop, il y a peut-être une complication », ajoute-t-il. Malgré ces effets indésirables, Eric Caumes vaccinerait les personnes âgées, qui peuvent contracter une forme de grave du Covid-19.

L’appréhension de prendre part au jeu du complotisme en exposant ces inquiétudes

Toutefois, ce mardi 8 décembre dernier, Eric Caumes dévoile qu’il ne va pas se faire vacciner pour le Covid-19. Et cela, pas avant qu’il ait connaissance des conclusions de la phase 3 dans des revues scientifiques. À cause de ses propos, l’infectiologue a peur de prendre part au jeu des complotistes anti-vaccin. « Je suis extrêmement anxieux. Dès qu’on sort de la pensée unique dominante, on est tout de suite qualifié de complotiste ou un “âne”. Comme m’a considéré Véran alors que je suis de ceux qui protègent le plus les vaccins. Ce sont les miracles des maladies infectieuses, les remèdes les plus intelligents qui soient, puisqu’ils permettent de prévenir au lieu de guérir » conclut-il.