Devenu tétraplégique à la suite d’un accident de la route en 2008, Vincent Lambert, devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, est mort ce jeudi matin, neuf jours après l’arrêt de ses traitements.

C’est la fin d’un terrible feuilleton médical, judiciaire et politique, au cœur duquel une famille s’est déchirée. Vincent Lambert est mort ce jeudi matin, près de 11 ans après un dramatique accident de voiture. Ses traitements avaient été arrêtés il y a neuf jours. « Vincent est décédé à 8h24 ce matin » au CHU de Reims, a précisé son neveu François.

État pauci-relationnel

C’est en 2013 que l’opinion publique entend parler pour la première fois de cet infirmer psychiatrique originaire de Châteauroux, dans l’Indre, né en 1976. Il est alors dans le coma depuis le 29 septembre 2008, après avoir été victime d’un traumatisme crânien qui le rend tétraplégique.

Séances d’orthophonie, tests de perception de la douleur, tentatives de communication… De nombreuses procédures médicales sont tentées pour évaluer son niveau de conscience. Le diagnostic d’état pauci-relationnel, soit une conscience minimale, est posé à plusieurs reprises.

Vincent Lambert possède une perception émotionnelle, et peut vivre sans machine respiratoire. Mais ne pouvant pas déglutir, il est nourri artificiellement. Celui qui était décrit par ses parents comme « joyeux, vif et d’une sensibilité déjà bien marquée » ne peut plus communiquer verbalement et est contraint à l’alitement. Il n’a laissé aucune directive anticipée ou désigné de personne de confiance.

Pierre et Viviane Lambert, à l’entrée du CHU de Reims, le 19 mai 2019.
FRANCOIS NASCIMBENI / AFP – Pierre et Viviane Lambert, à l’entrée du CHU de Reims, le 19 mai 2019.
Une famille, deux clans