Loading...

Le 27 février 2020 paraît le livre autobiographique de Cyril Lignac intitulé « Histoire de goûts ». « L’Obs » a dévoilé quelques extraits, dont un qui parle du mépris dont il a pu être victime.
Quatre restaurants, un bar, cinq pâtisseries, une chocolaterie et une société de production audiovisuelle. Cyril Lignac a monté un véritable empire en quelques années. Ce parcours, il le raconte dans son livre Histoire de goûts, qui paraît aux éditions Robert Laffont ce jeudi 27 février 2020. L’Obs a dévoilé quelques passages de cet ouvrage, l’occasion de découvrir qu’il a parfois dû faire face au mépris d’autres chefs.

Lors de son apprentissage, Cyril Lignac ne goûtait même pas ses plats. Dans son livre, il explique avoir choisi ce métier par dépit, car il ne supportait plus de voir ses parents inquiets pour son avenir. Aujourd’hui, c’est difficile à croire, mais à l’époque de son CAP, « jamais [il] ne brillait » : « Mon professeur de cuisine qui est devenu un ami et qui travaille toujours là-bas, m’a d’ailleurs dit récemment : ‘Cyril, j’aurais misé sur tout le monde sauf sur toi.' » Pourtant, le chef de 42 ans a fait un beau parcours. En 2005, il a ouvert son restaurant gastronomique Le Quinzième à Paris (fermé depuis). Et M6 a suivi cette aventure, de la création à l’ouverture, avant de diffuser les images dans l’émission Oui, chef ! Il a ensuite ouvert d’autres établissements et, en parallèle, il a poursuivi sa carrière à la télévision dans Top Chef (2010 à 2014), Le Meilleur Pâtissier (depuis 2012) ou Les Rois du gâteau (2017-2018).

Si cette exposition lui a permis d’être apprécié du public, elle lui a apporté le mépris de certains chefs. Dans son livre, il raconte d’ailleurs un moment qui l’a marqué : « J’étais invité pour une réception à l’Élysée, ainsi que d’autres chefs étoilés, pour la plupart. Parmi eux, certains ont toujours fait part d’une aversion tenace à mon égard. Quand je montais les marches du perron pour entrer dans le palais, l’un d’entre eux, trois étoiles, a gravi l’escalier en même temps que moi. L’huissier de l’Élysée qui gardait la porte nous a vus arriver tous les deux ; un sourire a alors illuminé son visage, et, se tournant résolument vers moi pour me serrer la main, il m’a lancé : ‘Ah ! Bonjour monsieur Lignac !’ Je ne le connaissais pas. Alors qu’on échangeait quelques paroles, le trois étoiles est passé derrière moi, sans me saluer et sans un égard pour l’huissier. »

UN MÉPRIS QUI A BLESSÉ CYRIL LIGNAC
Cyril Lignac a également découvert que la presse pouvait être peu clémente. Lors de l’ouverture du Quinzième, des articles sont sortis. Et peu évoquaient sa cuisine. Les journalistes avaient préféré parler de son physique, son accent ou ses apparitions télévisées. « À l’époque, ce mépris m’a blessé. Avec le temps, j’ai appris à ne plus y prêter attention », est-il écrit. Il préfère se concentrer sur les avis des clients et se soucie désormais peu d’être étoilé ou non.

De leur côté, nos confrères de Gala ont dévoilé l’extrait concernant la réaction de sa maman quand elle a appris qu’il souhaitait travailler dans le monde de la cuisine. C’est « assez fier » qu’il est rentré chez lui afin d’annoncer la bonne nouvelle. « Je me suis posté face à elle, et j’ai prononcé la phrase magique : ‘Maman, ça y est, je sais ce que je veux faire. Je veux être cuisinier.’ Son visage a changé d’expression : bouleversée, elle m’a regardé dans les yeux, puis des larmes ont inondé ses pupilles et y sont restées suspendues. J’espérais bien faire mon petit effet en lui annonçant ma nouvelle carrière à venir, mais je ne m’attendais pas à tant d’émotion de sa part. Troublé à mon tour, je lui ai demandé pourquoi elle était si remuée. Et elle m’a répondu : ‘Parce que je sais que c’est ça. C’est ça que tu vas faire.' » Ils ne s’étaient pas trompés.